Je
suis étonné et ravi de trouver si peu de choses sur Trieste. En
fouillant un peu, bien sûr, on finit par débobiner la pelote, mais
on garde cette impression de toucher à quelque chose de
confidentiel, de secret.
Même
si user ce cliché me coûte, je dirai tout de même que c'est « un
trésor caché », puisque riche de son passé, lointain et
proche, Trieste l'est, et
des écrivains qui y ont vécu, qui y vivent encore, et de cette
position d'extrémité
méditerranéenne de la
Mitteleuropa,
pointe qui esquisse autant une perspective qu'elle désigne une fin.
C'est
parce qu'elle est une ville d'écrivains que Trieste reste
confidentielle. Il est
difficile de rendre l'écriture spectaculaire (c'est ce à quoi se
confronte le cinéma des vies d'écrivains et d'écrivaines :
montrer une personne penchée sur sa table pendant des heures, des
mois, voire des années, n'a rien d'excitant ; j'imagine un film
à la Warhol, une variante de Sleep,
qui durerait le temps qu'un écrivain finisse sa nouvelle, voilà qui
serait – par les pauses, les gestes, les absences – aussi
passionnant qu'irregardable), et si, à force de martelage
publicitaire, parfois cela semble arriver, ce n'est qu'une illusion,
un feu-follet qui s'éteint d'un coup. L'écriture
n'est pas touristique.
Trieste,
ainsi, m'apparaît comme une ville protégée (ville ouverte dans le
carnage médiatique), ce à quoi on rêve pour d'autres cités
italiennes victimes du tourisme (je pense toujours à cette tour de
Pise que personne ne regarde vraiment). Sûrement bénéficie-t-elle,
après en avoir été si longtemps menacée, de la protection de
Venise qui canalise, à deux heures de train, l'attention
touristique.
Stendhal,
à son époque, n'aimait pas Trieste (il n'aimait vraiment que Rome)
qui n'était pas encore, du reste, italienne. Elle
sera austro-hongroise
jusqu'en 1918, et même
encore après
la Deuxième Guerre mondiale, on
la déclarera
– en 1947 –
état indépendant (TLT, Territorio Libero di Trieste), sous l'égide
de l'ONU (en fait de l'armée anglo-américaine commandée par Thomas
Willoughby Winterton). Elle
ne sera de nouveau intégrée à l'Italie qu'en 1953...
C'est
aussi par Trieste que l'Italie est si ouverte, si généreusement
ouverte, sur la littérature
de l'Est. Contrairement à
la France, dont même les auteurs francophones non français peinent
à être acceptés.
Je
trouve sur Wikipedia une liste,
dont beaucoup de noms me
sont encore inconnus, qui
me laisse rêveur, qui
laisse présager (pré-visager) quelques rencontres :
Scrittori di
lingua
italiana:
Scrittori
dialettali:
- Lino
Carpinteri
- Virgilio Giotti (premiato nel 1957 dall'Accademia dei Lincei
Scrittori di
lingua ebraica
- Samuel David Luzzatto in lingua ebraica : שמואל דוד לוצאטו
Scrittori di
lingua
tedesca:
Scrittori di
lingua
inglese:
- Richard Francis Burton (nel XIX secolo, in epoca asburgica, visse i suoi ultimi 18 anni di vita a Trieste)
- Jan Morris (lasciò Trieste nel 1954, subito dopo la ricongiunzione della città all'Italia)
Scrittori di
lingua
slovena:
Scrittori di
lingua serba:
- Ivo Andric, premio Nobel per la Letteratura 1961
Scrittori di
lingua
francese:
- Stendhal, console di Francia a Trieste nel 1831
- Charles Nodier (1780 – 1844)
- Paul Morand (1888-1976)
- Marie Bonaparte, (castello di Duino)
Scrittori
di lingua
spagnola:
Même
la jeune femme qui nous loue
une chambre a un nom magique qui canalise – et rend si concret tout
cela : elle s'appelle Ksenyia
Radchkova.
En grec, xenia
signifie étrangère...
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