dimanche 13 mars 2016

1er billet : 13 mars 2016

Trieste est une couleur. Un bleu bien sûr marin, bleu-vert d'argent, avec le chatoiement des vagues (plutôt des ondes) et des traits blancs rehaussés de noirs d'écume. Le nom de Trieste est d'abord ces couleurs, pour moi qui n'y suis jamais allé.
Émilie me semble aller très bien avec Trieste.
Son nom déjà, Émilie, à Trieste. Comme un chiffre parfait.
Elle a quelque chose de slave dans les couleurs de son visage : yeux verts, imperceptibles tâches de rousseur que seul le soleil peut faire apparaître, de fins cheveux d'eau. Elle est modelée par la mer et la montagne.
Trieste est jumelée au Havre. Dans un récit de voyage du XIXe siècle, l'auteur (je ne sais plus s'il s'agit de Charles Asselineau – l'ami et le premier biographe de Baudelaire – dans L'Italie et Constantinople ou de Charles Ypiarte dans Les bords de l'Adriatique et le Monténégro) comparait les deux villes portuaires. Maintenant que le Havre a été détruit, c'est peut-être à Nantes, la ville natale d'Émilie, qu'il faudrait comparer Trieste.
J'ai toujours aimé les villes de peinture. Mais Trieste, qui, peut-être à cause de Joyce, me semble être une ville de musique, est surtout une ville d'écrivains.