Trieste
est une couleur. Un bleu bien sûr marin, bleu-vert d'argent, avec le
chatoiement des vagues (plutôt des ondes) et des traits blancs
rehaussés de noirs d'écume. Le nom de Trieste est d'abord ces
couleurs, pour moi qui n'y suis jamais allé.
Émilie
me semble aller très bien avec Trieste.
Son
nom déjà, Émilie, à Trieste. Comme un chiffre parfait.
Elle
a quelque chose de slave dans les couleurs de son visage : yeux
verts, imperceptibles tâches de rousseur que seul le soleil peut
faire apparaître, de fins cheveux d'eau. Elle est modelée par la
mer et la montagne.
Trieste
est jumelée au Havre. Dans un récit de voyage du XIXe siècle,
l'auteur (je ne sais plus s'il s'agit de Charles Asselineau – l'ami
et le premier biographe de Baudelaire – dans L'Italie et
Constantinople ou de Charles
Ypiarte dans Les bords de l'Adriatique et le Monténégro)
comparait les deux villes portuaires. Maintenant que le Havre a été
détruit, c'est peut-être à Nantes, la ville natale d'Émilie,
qu'il faudrait comparer Trieste.
J'ai
toujours aimé les villes de peinture. Mais Trieste, qui, peut-être
à cause de Joyce, me semble être une ville de musique, est surtout
une ville d'écrivains.
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